Bafouille de confinement…

Petite bafouille pendant le confinement

On vous a écrit une bafouille et nous aimerions que vous puissiez la lire en entier. On a du temps… Prenons-le.

Sachez tout d’abord que nous ne faisons pas « comme si de rien n’était ». Car tout y est, à dire vrai : les appels, les rappels, le confinement, les infos en continu, l’incertitude, l’anormalité, les rues désertes, le printemps silencieux…

Nous avons gardé le cap, donné rendez-vous sur les réseaux, malgré tout, avec l’envie d’offrir une bouffée d’air. A nous-même d’abord, avouons-le, et à vous aussi, bien sûr. On imaginait les fans soudain heureux… Petits baumes, grands coeurs.

Mais bien sûr, on s’interroge : quelle est notre place ? quel est notre rôle ? Que devons-nous dire ou faire ?

Nous sommes un festival, nous sommes un lieu, mais avant toute chose, nous sommes une équipe. Celle formée par plus de 2200 bénévoles, 13 salariés permanents, 1850 prestataires, 400 partenaires… Ils sont, à plus de la moitié, issus d’un territoire proche de quelques milliers de km2. Local is the new cool. Ces chiffres ont bien sûr des visages, des prénoms : Thibaut, Marie, Jamel, Hélène, Marie-Odile, Jean, etc.

Si l’aventure du Cabaret Vert dit quelque chose, c’est bien la manière dont le collectif sait traverser l’adversité. Nous concernant : des pluies torrentielles en 2010, une canicule en 2016, un incendie en 2019… On a vu la solidarité et la résilience en actes. La créativité, le dévouement aussi pour bâtir, équiper, construire, sensibiliser, réparer, accueillir… On a des milliers d’anecdotes joyeuses, formidables, comme autant de preuves dans l’épreuve.

Alors, certes, une pandémie, c’est autre chose et à tous égards, un inédit. Mais les mécanismes de l’entraide, l’autre loi de la jungle comme le dirait Pablo Servigne, sont les mêmes et ils doivent servir aujourd’hui plus que jamais.

Alors, soyons créatifs, amis du Cabaret, dans les Ardennes et au-delà : chantons à nos fenêtres, créons des groupes virtuels, déposons quelques courses à la grand-mère sur son palier et quelques dessins d’enfants sous sa fenêtre, donnons à manger au SDF au bas de l’immeuble, organisons des Skypéros… L’ « unité nationale » du confinement peut être celle de la célébration, du soutien (aux équipes soignantes, aux malades, à tous ceux qui sont au front) et de la coopération entre voisins, entre amis, entre inconnus.

Nous continuerons nos annonces, la mise en avant des artistes que nous aimons, depuis notre chez-nous. Non pas « comme si de rien n’était » mais comme si vous étiez là.

Ensemble. C’est tout. Et en août, pour de vrai.

Restez chez vous. Respectez la distanciation sociale. Lavez-vous les mains. Nous allons réussir.