Bafouille de confinement… #2

Bafouille #2

Le 17 avril 2020

Chers vous,

Prenons « notre mal en patience » : jamais expression n’aura autant résonné.

Comme tout le monde, nous avons entendu l’interdiction des grands rassemblements « jusqu’à mi-juillet ». En théorie, nous voici officiellement préservés, tandis que beaucoup d’événements et festivals sont d’ores et déjà annulés.
Alors, égoïste soulagement ? Pas vraiment. Pour le Cabaret Vert, l’incertitude demeure et des dizaines de questions restent sans réponses. En voici quelques-unes : comment accueillir des artistes étrangers si les frontières sont fermées et que les festivals sont annulés chez nos pays voisins (Belgique, Allemagne, etc.) ? Quelles équipes de secours, de médecins et de pompiers aptes à encadrer l’événement après ce terrible printemps ? Quels partenariats avec les 400 entreprises privées dont certaines ne sont pas sûres aujourd’hui de pouvoir se relever ? Et pour finir, une évidence : gestes barrières et distance ne riment ni avec foule ni avec danse…
Sachez qu’il ne s’agit pas, contre toute logique, de nous acharner et nous prenons la mesure de notre responsabilité mais nous ne pouvons pas décider de nous-mêmes d’annuler. Sans interdiction clairement émise par les pouvoirs publics, nous serions contraints d’honorer financièrement nos engagements, à l’égard des artistes notamment – événement… ou pas. Ceci constituerait un séisme financier dont nous ne pourrions nous relever. Voilà pour la séquence « droit des contrats ».
Navigation par temps de brouillard, posture étrange de l’entre deux : voilà, en toute transparence, notre réalité. Voir aussi au quotidien les membres de l’équipe FLaP morcelés à l’écran et pourtant soudés comme jamais, contempler les conséquences en chaîne pour les artistes, les prestataires, le public, les intermittents, les partenaires et les bénévoles, parier chaque jour sur différents scénarios… Puzzle, poker et dominos : voilà de quoi nous occuper.
On ne vous mentira pas : notre nombril de fait est ardennais, il n’est pourtant pas au centre de nos préoccupations. Nous pensons d’abord à vous : confiné·e·s, infecté·e·s ou affecté·e·s en première ligne, ainsi qu’aux défis sanitaires, écologiques, économiques et sociaux que cette crise nous obligera collectivement à relever. Nos inquiétudes sont à relativiser, nous ne sommes pas les plus exposés et nous éprouvons comme tout à chacun, gratitude et humilité à l’égard de tous ceux qui soignent, nettoient, livrent, encaissent en magasin, sécurisent, contrôlent, protègent et interviennent sur le terrain… Merci.
Pour finir, nous vous appelons plus que jamais à la solidarité à l’égard des plus fragiles. Les festivals sont des communautés vivantes et à lire chaque jour vos actions et vos messages, sachez que nous sommes plus que jamais fiers de celle du Cabaret Vert.

Restez chez vous. Respectez la distanciation sociale. Lavez-vous les mains. Nous allons réussir.